vendredi 8 février 2013

La compensation à la marocaine



  
            Les temps sont durs dans le plus beau pays du monde. Plus d’une année après la nomination du gouvernement actuel, plusieurs marocains peinent à déceler un réel changement et une nette amélioration de leurs conditions de vie. Depuis le début de son mandat, le gouvernement s’est endetté avec des sommes pharamineuses pour assurer les ressources nécessaires au pays. Ces dettes n’ont pas pu résoudre cette situation qui reste le fruit d’un cumul des dernières années.

Si l’on jette un regard de plus près, nos réserves de change ont drastiquement baissé et ne peuvent plus couvrir que trois mois. Ce qui risque de poser de sérieuses difficultés aux importations du pays. Les dernières statistiques du HCP affirment une légère hausse du chômage, le taux le plus élevé est toujours détenu parmi les jeunes. En plus de cela, le gouffre de la balance économique ne fait qu’augmenter … Étant donné que l’Europe constitue notre premier partenaire économique, nos indicateurs économiques seront intimement reliés au contexte du vieux continent. Et ces temps-ci, les grandes puissances de l’UE puisent dans tous les stratagèmes pour sauver l’union et éviter la dérive.

            Au Maroc, la nouvelle trouvaille du gouvernement est de mener une réforme de la caisse de compensation pour éviter la banqueroute des comptes publics. Faut-il rappeler qu’une augmentation des prix des carburants a eu lieu des mois auparavant. Les tarifs de certains moyens de transport ont ainsi augmenté pour « couvrir » le déficit engendré par ladite augmentation.  Fruits, légumes et autres denrées n’ont pas attendu longtemps pour prendre le pas. Et ce selon les régions et les produits concernés, sans aucun contrôle réel malgré les longs discours. 

« Ce n’est pas suffisant, la caisse de compensation prend des milliards et il faut mettre fin à cela », rétorquent les responsables pour justifier la prochaine réforme. Oui, il faut réformer cette caisse et l’on ne peut maintenir sa subvention, tous les économistes vous diront cela. Cependant, si le gouvernement fait preuve d’une vigueur remarquable à l’égard de cette caisse, ce n’est guère le cas pour d’autres chantiers aussi importants, si ce n’est plus.

 « Nous ne devrons guère mener les corrompus devant la justice, cela risque de faire fuir les investisseurs ». C’est le leitmotiv de Benkirane. Dès lors on s’arroge en un clément salvateur qui abandonne les milliards dérobés  du contribuable … Pour la rente, on génère un tapage médiatique  où l’on chante encore les slogans de transparence et autres friandises. À la fin, on publie des listes. Et c’est tout. Les indicateurs économiques du pays tirent l’alarme, c’est le contexte idéal pour prolonger l’exonération de l’agriculture. Ajoutez à cela que plus de la moitié des entreprises installées au Maroc déclarent des déficits annuels pour éviter le fameux impôt sur les sociétés. Ne citons guère une certaine taxe sur la richesse, dont le chantier s’est soudainement évaporé …

Toutes ces pistes recèlent les démons qui effrayent Benkirane, laissons-les donc et attelons nous donc à puiser encore dans le peuple. Achetons de nouvelles voitures luxueuses, ajoutons-les au parc automobile public dont le nombre dépasse celui des Etats-Unis et de la France réunis et demandons au marocain de se serrer la ceinture, il est fait pour cela. Chemin faisant, augmentons  les salaires de nos chers députés dans notre parlement. La comédie et ses dérives coûtent cher tout comme l’art. L’art de se moquer des marocains.

Changeons de perspective : selon ses chiffres, le HCP considère classe moyenne, tout foyer dont le revenu mensuel est situé entre 2800 et 6800 dirhams à peu près. Les évaluations officielles stipulent que la réforme aura pour conséquence d’élever les dépenses de ces foyers de 500 à 600 dirhams. Si la définition de la classe moyenne est sujette à discussion, l’augmentation lui sera fatidique dans tous les cas. Aussi graduelle, aussi atténuée que la réforme puisse être, dégâts il y aura et pouvoir d’achat se réduira. Des allocations directes seront destinées aux familles les plus démunies nous annonce-t-on, avec l’administration marocaine et ses dédales, c’est le contexte propice pour un nouvel épisode de corruption et de népotisme. 

On attendra donc juin pour que notre gouvernement arrive avec sa réforme, on verra probablement encore Benkirane en direct justifier ces augmentations, les spéculations et augmentations vireront dans tous les sens. Certains y voient déjà un retour des « martyrs de la koumira », d’autres restent confiants que le marocain encaissera silencieusement encore une fois. Le temps nous dira ce qu’il en sera.

mercredi 23 janvier 2013

Caravane tu n’iras, citoyen tu périras



            Cela fait maintenant plus d’une année que le gouvernement Benkirane a été nommé. Une période durant laquelle on a eu droit à un florilège de déclarations et de décisions politiques dont l’aspect va du plus utile au plus extravagant. Cependant, de temps à autre on a droit à des épisodes qui nous laissent pantois vis-à-vis de la scène politique marocaine et ses dédales de gouvernance. Après l’interdiction d’un speech du chef du gouvernement à Tanger et le tabassage du parlementaire du PJD par les forces de l’ordre, vint le tour à l’interdiction des caravanes de solidarité avec les régions enclavées du Maroc.

            Les trois faits cités émanent tous des prérogatives ministère de l’intérieur. Ministère régalien des plus importants pour l’état et dont les clés échappent encore à Benkirane. Si l’interdiction de Benkirane l’humilie une énième fois et la bastonnade du député touche à sa dignité en tant que citoyen avant d’être un représentant du peuple, l’interdiction d’une caravane de solidarité ne peut en aucun cas faire l’objet d’une justification. C’est unanimement un crime des plus condamnables.

            Nombre de citoyens, d’associations et de bienfaiteurs se sont déplacés dans maintes régions désenclavées du Maroc, où le froid et la mort ne font que rôder. Les décès des citoyens et leur précarité ont mobilisé maintes personnes qui ont amené des denrées, des couvertures et autres habits en guise d’aide à ces contrées. L’état marocain a royalement failli encore une fois à garantir des conditions respectables à ces parcelles de territoire. Peut-être parce qu’elles font encore partie de ce qu’on appelle « Le Maroc non utile ». Bref, l’unique intervention du gouvernement consistait à roder des communiqués officiels pour « démentir » les cas des décès des nourrissons ayant succombé à cette vague de froid.

            Les caravanes continuaient d’affluer vers Anefgou et autres régions, certaines avec spontanéité et bénévolat, d’autres pour pratiquer le « safari-photo-associatif ». Peu importe, dans les deux cas les citoyens désenclavés recevaient de l’aide, ce qui est le plus important. Mais le ministère de l’intérieur ne pouvait guère accepter cela pour longtemps. Selon sa pensée caduque et autoritaire, toute œuvre caritative doit être cadrée dans une campagne officielle. Durant celle-ci on bombera torses et poitrines avec un badge jaune flamboyant pour montrer sa soi-disant solidarité. On veut consacrer le monopole du caritatif, en faire un phénomène saisonnier et bien régulé de façon à ce qu’il soit toujours chapeauté par le premier bienfaiteur du pays. Ignoble.

            Le ministère de l’intérieur déclare que ces caravanes sont sournoisement utilisées par certains groupes islamistes pour « galvaniser » et endoctriner les foules. Trouvaille du siècle. On ne peut nier que certains groupes islamistes, au Maroc ou ailleurs, usent du social pour gagner des adeptes. Mais serait-ce une raison suffisante pour interdire toute caravane de la sorte ? Devrait-on laisser les gens mourir de faim et de froid au risque qu’ils aient des affinités avec certains groupes ? Demandons-nous, où est cet État ? Le ministère de l’intérieur, qui a à sa disposition des montants exorbitants encaissés dans ses « caisses noires » et qui servent à financer ses sbires entre autres usages, ne peut-il user de cet argent pour désenclaver ces régions ? Non, on préfère la force, la répression et l’interdiction. C’est ce que les « sujets » méritent, nous disent-ils.

            Au-delà des déclarations tordues de Benkirane, au-delà de la fameuse « interprétation démocratique » de la nouvelle constitution qui nous emmerde les tympans, au-delà de toute cette mascarade et hérésie politique, ces interdictions de caravanes répugnent et nous poussent à crier : marre, on en a marre.


vendredi 28 décembre 2012

L'égalité de la matraque



Ce pays est magique. Sa magie réside dans le fait qu’il recèle nombre de phénomènes fort contradictoires, mais qui, dans l’ensemble produisent le Maroc actuel. Cette magie a encore frappé aujourd’hui : En voulant intervenir pour arrêter des agents des forces de l’ordre qui tabassaient sauvagement des diplômés chômeurs, un parlementaire du PJD s’est fait rudement tabasser et humilier à son tour. Dévoiler son identité d’avocat, de parlementaire du PJD et de membre du bureau exécutif d’un forum défendant la dignité des citoyens ne lui a valu qu’un acharnement de la part des policiers. Cerise sur le gâteau, le député a eu droit à un déluge d’insultes et a failli être embarqué selon son témoignage.

Cet accident, fort regrettable pour tout citoyen marocain indépendamment de son appartenance, nous amène à reconsidérer pour la énième fois le comportement de la police à l’égard des marocains durant les manifestations à caractère pacifique.

La loi en vigueur stipule en effet que les autorités chargées de disperser une manifestation pacifique devraient annoncer leur intervention clairement deux fois via mégaphone avant d’intervenir. En cas d’intervention, tout « abus de violence » devrait être évité et l’on devrait se maintenir au premier objectif : disperser la manifestation. Sur le terrain c’est une autre histoire.

 Les forces de l’ordre, sous les commandements des supérieurs, ne se contentent pas seulement de disperser la manifestation, mais poursuivent les manifestants dans les ruelles les tabassent sauvagement à l’aide de leurs gourdins. Ajoutez à cela un florilège des insultes les plus inouïes. Essayez d’appeler au respect de votre dignité et vos os auraient un bonus de plus.

Revenons à notre incident. Il serait judicieux dans ce contexte de rappeler les propos de notre chef de gouvernement portant sur l’intervention des forces publiques. Ce dernier affirmait avec vivacité que « les blessures enregistrées auprès des forces de l’ordre dépassent parfois celles des manifestants » et qu’il serait préférable de matraquer les citoyens au lieu de les poursuivre légalement pour ne pas « faire souffrir leurs familles ». 

J’aimerai bien écouter notre chef du gouvernement justifier comment un parlementaire de son parti a blessé les policiers avec sa carte d’identité, j’aimerai également entendre la famille de la victime remercier avec zèle Benkirane de leur avoir épargné de faire le tour des tribunaux. Ne parlons guère de ses pauvres militants, diplômés chômeurs, imams ou docteurs qui ont goûté à la matraque. Ne parlons guère du pauvre citoyen marocain devenu un sac de frappe à toutes les occasions …

Cet acte porte en lui une forte symbolique : un représentant du peuple ayant prouvé son identité se fait expressément maltraiter devant le regard des passagers au sein de la capitale du pays, à quelques mètres de l’enseigne où il est censé défendre les citoyens qu’il représente. Vous l’aurez compris, devant la matraque, tout le monde est égal. À défaut de partager les droits, on aura au moins le privilège de partager la matraque. Il est à noter finalement que M.Idrissi, le député concerné, affirmait il y a quelques semaines dans une émission qu’il y avait une nette amélioration de la situation des droits humains au Maroc. Venez, reparlez-nous de cette amélioration …

mardi 13 novembre 2012

Réflexion sur la monarchie marocaine




            La vague du printemps arabe a apporté plusieurs changements au sein des pays concernés. Un changement tant attendu par les citoyens du monde arabe. Certains pays ont vu leurs régimes s’effondrer, d’autres ont mené des réformes plus atténuées tandis que certains ont su résister aux prémices d’un soulèvement populaire. Le Maroc figure parmi les pays qui ont été submergés par cette soif de démocratie, mais la monarchie marocaine a su concocter la réponse qui lui convient aux requêtes formulées par le mouvement du 20 février, mouvement ayant guidé ces aspirations au changement. 

            Avant de se lancer dans une réflexion sur cette monarchie, attelons-nous à mieux la définir et à cerner ses caractéristiques. Un premier regard nous amène à constater que c’est une monarchie couteuse, bien couteuse. Le projet de loi de finances pour l’année 2013 consacre la modique somme de 2.576.769.000 MAD pour le palais royal. Divisée par les jours de l’année, ce chiffre se mute en la valeur de 7 millions MAD issus de l’argent du contribuable marocain et alloués quotidiennement et directement au palais royal. Ce montant arrive à tripler, voire à quadrupler le budget alloué à certains ministères au sein de ladite loi de finances. Jusqu’à présent, aucun parlementaire n’a osé discuter cette somme. La rubrique royale se retrouve toujours validée à la vitesse de l’éclair durant les sessions du parlement marocain.

            Pour un pays dont l’indice de développement humain est le 130ème sur le plan mondial, dont 40% des habitants sont encore analphabètes et où le quart de la population vit sous le seuil de la pauvreté, ces deniers auraient définitivement trouvé un meilleur usage.

            En plus de détenir une part conséquente dans la répartition de l’argent du contribuable, la monarchie alaouite contrôle incontestablement les rênes de l’économie marocaine. L’outil est une redoutable composition inextricable de holdings dont la plus connue est la fameuse SNI, société nationale d’investissement. Rien qu’énoncer son nom fait frémir et rétracter les entrepreneurs les plus aguerris du pays. Cette holding détient le monopole des secteurs économiques les plus importants du Maroc. Après une fusion et réorganisation de ses filiales entamée deux ans auparavant, cette holding commence à céder l’industrie des huiles, des produits laitiers et de la biscuiterie afin d’investir dans le secteur des énergies renouvelables et des nouvelles technologies. Le monopole du consommable est délaissé au détriment du pérenne, plus alléchant et produisant des marges de gain plus attractives. Miloud Chaabi, le marocain le plus riche selon le dernier classement de Forbes a lancé à maintes reprises des critiques sulfureuses vis-à-vis du manque de transparence dans certaines affaires où des intervenants proches du palais prenaient part.

            La monarchie marocaine possède à son titre maintes terres agricoles fertiles, faisant d’elle le leader national de ce secteur qui rapporte des gains immenses à ses investisseurs. Surtout lorsqu’on sait que l’agriculture marocaine est exonérée d’impôts et bénéficie de subventions bien attirantes.  

            Cet aspect d’hégémonie économique et financière ne pouvait prendre lieu si la monarchie n’avait pas la capacité de faire la pluie et le beau temps au Maroc. Le roi reste en effet le décideur incontestable du pays. Le régime a procédé durant l’année dernière à une réforme constitutionnelle. Une campagne médiatique féroce a été menée par le régime pour vendre les mérites de la nouvelle constitution, certains sont allés jusqu’à déclarer qu’elle entamait l’ère de la nouvelle monarchie alaouite. Un black-out médiatique a été mené en parallèle pour contrecarrer les appels au boycott de la « constitution octroyée », thème disputé entre la monarchie et ses opposants depuis plus d’un demi-siècle. La constitution fut adoptée à un score Brejnevien.

            Des élections législatives anticipées furent organisées. Ces dernières donnèrent victoire au parti de la justice et du développement, parti islamiste d’opposition accédant la première fois au gouvernement. Au gouvernement, non au pouvoir. Bien des espoirs furent nés, mais se dissipèrent à la vitesse de la lumière. Dès son premier chantier, une simple réforme des cahiers des charges des médias publics, un tapage médiatique incontestable fut soulevé. On a vu des subordonnés des ministres faire les rebelles et donner des déclarations à l’encontre de ce chantier sans être dérangés. Un « arbitrage royal »  s’imposait dès lors. Juste après les cahiers des charges furent octroyés à une commission présidée par le ministre de … l’habitat !

            De nombreux épisodes se succédèrent dès lors : Une hausse bien impopulaire des prix des carburants afin d’alimenter les caisses de l’état, la taxation des riches fut abandonnée à la vitesse de l’éclair sous prétexte de faire fuir les investisseurs, silence radio sur le plus grand festival du pays que les islamistes dénigraient autrefois à l’opposition, le chef du gouvernement présentait ses « excuses » au roi et à ses conseillers, le ministre de l’enseignement supérieur veut en finir avec la gratuité dudit enseignement, une ligne de crédit record de 6.2 milliards de dollars fut ouverte auprès du FMI et le chef du gouvernement dit souffrir des « crocodiles et démons » qui l’empêchent de réformer. Il devient ainsi la risée des journaux qui suivent chacune de ses déclarations, trop spontanées et non mesurées pour un leader politique. C’est ainsi que ces mesures ne font que participer à la chute de popularité du gouvernement à une vitesse frénétique. 

            Une lecture de la nouvelle constitution nous amène à tirer la conclusion amère que la « monarchie constitutionnelle, démocratique, parlementaire et sociale » telle que définie dans le premier article de ce contrat social ne reste qu’une monarchie absolue camouflée avec des institutions bien impuissantes. Aucune décision ne peut être contradictoire avec les envies et caprices de la monarchie, si petite soit-elle. Abdelilah Benkirane, chef du gouvernement affirme avec ferveur et par ses actes qu’il ne peut confronter le roi et que l’évolution du pays ne peut se faire que dans l’entente entre gouvernement et monarchie. La récente visite du roi au pays du Golf a illustré encore une fois le pouvoir des conseillers de sa majesté. Conseillers qui constituent ce que l’opposition appelle « le gouvernement d’ombre », celui de façade ne servant qu’à encaisser la ferveur populaire. Les chaines officielles relatent toujours les simples visites royales telles des épopées d’Ulysse, consacrant ainsi l’image d’un roi bienveillant et d’un gouvernement incompétent.

            Cet aspect de monarchie salvatrice est accompagné par une forte symbolique créant la controverse au sein de l’opinion publique. Entre des baisemains considérés comme le salut respectueux au monarque, des prosternations bien humiliantes des commis de l’état durant une cérémonie d’allégeance datant du moyen âge et des foules « galvanisées » pour accueillir le monarque à chacun de ses déplacements. Bref, un cérémonial prestigieux où la monarchie étale sa puissance et son pouvoir suprême, où elle transmet le message qu’elle est l’épine dorsale de ce Maroc. L’opposition est quant à elle balbutiante, désorganisée et manque sévèrement de leaders charismatiques. Entre de timides communiqués, des prises de positions bien hésitantes et des joutes verbales avec le gouvernement, l’essentiel est ainsi toujours écarté. 

            Avec ce portrait, un arrêt s’impose. Avec ces données dressées, de nombreuses questions se posent. La forme actuelle de la monarchie contribue-t-elle au développement du pays ? Ce développement, figure-t-il tout d’abord dans ces objectifs ? Est-elle dotée d’un sens de nationalisme et de patriotisme à l’égard des marocains qu’elle considère des sujets et non des citoyens ? Est-elle prête à lésiner sur les moyens dans une conjoncture de crise où s’entête-elle à garder le même train de dépenses ? Est-ce le coût d’une présumée stabilité sociale et économique du pays ? Les marocains ne méritent-ils pas mieux, ne veulent-ils pas mieux ? Qui rendra les comptes des politiques publiques, un chef de gouvernement sans pouvoir ou un roi dont la personne est inviolable ? L’option de monarchie parlementaire ne serait-elle pas la plus adéquate pour le Maroc ?

            Quoi qu’il en soit, je pense que l’état actuel du Maroc ne fait qu’alimenter le compte à rebours d’un changement drastique. Vers quelle voie et dans quel laps de temps ? À vous de me le dire …