vendredi 18 février 2011

Je suis un excité, un traitre, un suiviste et un chrétien

Et oui, n’en soyez pas surpris. Croyez-moi : je suis un excité, un traitre, un suiviste et un chrétien. C’est récemment que j’ai fait cette découverte hallucinante. Des traits de caractères et des choix dont je ne m’étais jamais aperçu ont soudainement fait leur apparition. Je remercie mes concitoyens de m’avoir aidé à élucider le mystère de ma personnalité qui me hantait depuis des lustres. Et dire qu’ils sont plus que compétents, certains de mes compatriotes : ils ont découvert cela en un laps de temps record défiant ainsi les psychiatres les plus réputés.

Je suis un excité, parce qu’en suivant de près les révolutions en Tunisie et en Egypte et après avoir senti le vent de liberté souffler sur le monde arabe après tant d’années d’oppression et de terreur, j’ai crié au changement pacifique dans mon pays où la situation n’est guère meilleure malgré les apparences trompeuses et les cérémonies pompeuses … Je suis un excité parce que je ne scande pas vive le roi à tort et à travers. Je refuse aussi d’assister à une mascarade appelée démocratie à la marocaine et d’approuver les décisions d’un gouvernement pantin entre les mains du vrai possesseur du pouvoir. L’excitation bat son plein lorsque je découvre que les recommandations de l’IER sont loin d’être pris au sérieux par les autorités .Les procès et les amendes dont on a inculpé les journaux qui s’attaquaient au palais, à l’armée et aux âmes corrompues n’ont fait apparemment qu’amplifier ma rage.

Je suis un traitre parait-il, parce qu’en ces temps où la civilisation arabe renait de ses cendres tels un phœnix, je me suis laissé manipuler par les ennemis de la patrie qui veulent en troubler la sureté. Croire que les Etats-Unis ne contrôlent pas tous les peuples et que les révolutions amènent un nouvel air est une des doctrines enracinées dans le cœur des traitres les plus affermis. Je le suis aussi grâce à un logiciel de retouche photo où l’on a mis mon portrait à coté de celui d’un ennemi juré du Maroc, et qui selon mes récentes découvertes était en train d’alimenter mon compte en banque avec ses pétrodollars sans que je le sache … qui sait,la traitrise amène richesse à ce qu’on dit.

Je suis un suiviste, non pas parce que j’ai suivi depuis ma naissance la voie du tais-toi et répète « lâam zine », mais car je me suis entêté à illustrer mon amour pour cette patrie via mes modestes moyens. On ne me disait pas cela lorsque l’on suivait le préfet jusqu’à son bureau pour discuter de la valeur du pot de vin qu’on devait lui donner. Non plus au moment où l’on suivait les pays développés pour lancer le TGV et bâtir les marinas de luxe en délaissant les villages éloignés et les citoyens mourir de froid et de faim. Ni d’ailleurs lorsqu’on se précipite pour baiser la main de sa majesté et lui demander une « aumône » sans la moindre dignité.

Je suis un chrétien et un hédoniste (avec mes respects aux adeptes du christianisme et de tout autre culte). Parce que j’ai demandé à l’Imam de la mosquée de ne plus nous réciter les lignes de propagande écrites par le Makhzen à chaque vendredi, mais de relater les maux de ce pays. Mais aussi car j’ai fait appel à ceux qui se réclament les saints des saints du pays, ses « chorafas », ses oulémas et ses prêcheurs pour dénoncer les dysfonctionnements et les atteintes aux lois islamiques dans un pays qui se prétend musulman, mais je n’ai trouvé que sourde oreille …
Je dois selon eux remercier Dieu jour et nuit pour ce qu’est le Maroc d’aujourd’hui et prier le divin à ce que cela ne change jamais, car au Maroc le pain vaut encore un dirham et quelques centimes.
Si je dis le contraire je deviens un hérétique et un renégat du bien accordé par le commandeur des croyants.

Dieu merci, je suis un excité, un traitre, un suiviste et un chrétien. Et si vous faites une nouvelle découverte sur ma personne, n’hésitez surtout pas à m’en faire part !

Le Maroc n’est ni l’Egypte ni la Tunisie.

Après la Tunisie, voici le tour au peuple égyptien qui a su enfin se délivrer de l’emprise du pharaon Mubarak sur le pays pendant trente longues années. L’effervescence de la liberté, le refus de l’oppression et surtout l’abandon de la peur étaient les catalyseurs de cette désobéissance civile qui a porté ses fruits.

Quant au Maroc, certaines prémices commencent lentement à faire leur apparition. Parmi elles le mouvement du 20 février qui a débuté à faire couler de l’encre concernant ses requêtes et sa façon d’œuvrer.

Ce mouvement initié par des internautes marocains demande d’instaurer une monarchie parlementaire, d’entreprendre des réformes constitutionnelles et de reformuler la scène politique marocaine archaïque. Des requêtes élémentaires et nécessaires au paysage politique marocain qui est tombé dans la désuétude pour trop longtemps.

Ceci dit, le Maroc n’est pas l’Egypte ou la Tunisie (malheureusement ou heureusement, libre à vous de choisir). Ce pays a ses propres spécificités qui rendent toute tentative d’amélioration assez délicate à opérer.

La classe moyenne du pays est majoritairement apolitique et égoïste : son ultime dessein dans la vie est d’assurer un salaire confortable, de s’approprier le dernier modèle de voiture à quatre roues motrices, de faire son petit shopping du week-end, de suivre sans arrêt des émissions de téléréalité plus rachitiques les unes que les autres et de régler ses dettes mensuelles faramineuses … Et la patrie dans tout cela ? On n’accorde plus aucune importance aux affaires du pays. Civisme et patriotisme ont depuis longtemps disparu au sein des rangs de cette classe laissant part aux intérêts personnels puérils et sans insignifiance devant la cause nationale.

Chez les plus malchanceux, l’analphabétisme et l’ignorance font foison. Les gens sont amassés dans des bidonvilles démunis de toute dignité où les eaux usées étalent leurs odeurs nauséabondes, et quand vous leur demandez de revendiquer leurs droits ils vous rétorquent : vive le roi ! Sachez que le roi est vivant avec ou sans vos vociférations et que le seul qui puisse changer votre situation est vous-mêmes. Alors prenez votre destin en main et ne vous attendez pas à ce que le préfet corrompu satisfasse vos réclamations.

Avec tout ce désintérêt et cette insouciance, ne vous étonnez pas si les initiateurs du 20 février sont des jeunes assez douteux et qu’on commence à chercher leurs moindres fébrilités pour les étaler dans les journaux makhzaniens. Où sont donc les saints des saints de ce pays qui doivent demander les réformes ? Où est l’élite de ce Maroc ? Qu’en est-il de ces partis politiques qui criaient changement et réformes lorsqu’ils faisaient part de la soi-disant opposition ? Pourquoi ce mutisme assourdissant ? Cessez de nous prendre pour des idiots avec vos théories de conspiration et autres diffamations ...

Montrez-vous alors et menez le combat si vous en êtes digne au lieu de critiquer ces jeunes là. Je diffère personnellement sur beaucoup de points avec les initiateurs du mouvement, mais on s’accorde sur le fait que ce Maroc nécessite un changement. Leurs convictions m’importent peu tant qu’ils réclament des réformes constitutionnelles. Que vous soyez marxiste, islamiste ou bouddhiste ne me concerne pas, ce qui me concerne c’est que vous êtes un marocain avant tout.

Si vous ne voulez pas que la jeunesse marocaine soit représentée par certains profils, alors montrez-vous, vous les jeunes d’aujourd’hui qui aiment tant ce Maroc. Car pour vous dire vrai, j’ai perdu la foi dans les discours des technocrates et des sexagénaires qui revendiquent la sagesse et l’expertise.
Cette patrie n’est pas une mine dont vous épuisez les ressources et volez les richesses pour remplir vos comptes bancaires ou pour vous acheter des demeures luxueuses. On n’a pas besoin d’un diplôme d’études supérieurs pour voir tout le mal que vous causez à ce Maroc.

On n’attend pas l’AFP ou Reuters pour nous chanter que le Maroc est loin des troubles sociaux. Chaque jour on aperçoit de la corruption, on constate que les marocains sont traités comme des citoyens de seconde zone dans les administrations, qu’ils sont brutalisés par les forces de l’ordre et qu’ils subissent une pléthore d’injustices devant les tribunaux …

Le citoyen n’a plus aucune valeur aux yeux de l’état. Il est devenu l’individu qui doit travailler, faire ses prières, réciter les propos du makhzen et chanter que le Maroc est le plus beau pays du monde.
Le pain est-il devenu la seule revendication du marocain ? J’espère sincèrement qu’on ne s’est pas avili à ce point …

Le Maroc n’est pas la Tunisie, encore moins l’Egypte … C’est le Maroc, c’est notre pays à tous avec ses bienfaits et méfaits, et c’est à chacun de nous de choisir ce qu’il veut pour cette patrie … Restez assis et chanter que tout est beau ou bâtissez ce Maroc, le vrai Maroc que nous méritons et qui nous méritera…

حب الفساد و فساد الحب


بعد اندلاع ثورتي الفل و الياسمين بكل من مصر و تونس, قمت بتتبع ردود فعل الشباب المغربي تجاه هذه الأحداث و مدى تفاعله مع تطورات القضيتين. تنوعت الآراء و اختلفت المواقف بين من يدعو إلى إقامة مسيرة حب لملك البلاد للتعبير عن الحب الجياش الذي يختلج صدور المغاربة و مدى تعلق المواطنين بأمير المؤمنين, بينما اتفق شباب آخر على تنظيم وقفة للمطالبة بالإصلاح الشامل في جميع المجالات و بطي صفحة المخزن, في حين برزت فئة ثالثة تدعو إلى مقاطعة أي مسيرة كيفما كانت محفزاتها و دواعيها.
إذا تمعنا قليلا في المواقف السابق ذكرها, سيتبين لنا أن القاسم المشترك الذي يجمعها هو حب هذا الشباب لوطنه, لكن لو كانت المشاعر وحدها كفيلة بتحقيق النمو والازدهار, لجلسنا طيلة اليوم ننظم قصائد غزل في محاسن المغرب غافلين عن العيوب التي ما زالت و لسوء الحظ تشوبه. فالحب يعمي الولهان و لا يجعله يبصر إلا مفاتن ليلى...
من دعوا إلى مسيرة الحب لملك البلاد اتخذوا شعارا: تحرق الشعوب أنفسها لعزل رؤسائها و نحن نحرق العالم ليبقى ملكنا محمد السادس. ما يبين بدون شك مدى تعلق المغاربة بالعرش. كيف لا و هم المستعدون لحرق العالم بأسره لضمان بقاء الملك... فالمغرب قد عرف ست حالات لإحراق النفس منذ تضحية البوعزيزي, يبقى لنا معرفة الدافع الحقيقي لهذه الأفعال ... من يدري قد تأتي وكالة المغرب العربي للأنباء و تخبرنا بأن الدافع قد كان... الحب.
أما أصحاب دعوة العشرين من فبراير, فيطالبون بحل الحكومة, البرلمان و جميع الأحزاب السياسية إضافة إلى انتهاج إصلاحات دستورية لإقامة ملكية برلمانية على شاكلة بريطانيا العظمى. دعوة و إن كانت تنم عن حسن نية ما زالت تفتقد إلى الكثير من الواقعية و تتسم بالقليل من العبثية و الدعوى إلى الفوضى السياسية...
هذه الدعوات من كل صوب و حدب خلقت جهة مطالبة بمقاطعة جميع المسيرات كيفما كان نوعها, خوفا من تحريف المطالب الأصلية أو المشاعر المعبر عنها و حفظا لأمن و سلامة البلاد من الخونة و المتربصين الذين ينتظرون بفارغ الصبر الفرصة لزعزعة الاستقرار بالوطن ... هذا الوطن الذي كثر تعداد أعدائه و قل عدد أصدقائه.
إذا كان هناك من حب يجب أن يتواجد, فلا بد أن يكون حب الحرية, حب الإصلاحات و حب ازدهار الوطن. هذه أروع طريقة للتعبير للملك عن الحب الذي يكنه له الشعب. فملك البلاد في غنى عن الشعارات التي تهتف باسمه إذا كنا سنستيقظ في الغد لنشتم الفاسدين من الوزراء و البرلمانيين و القواد و رجال الدرك و الشرطة بدون تحريك ساكن. هذا الوطن يحتاج إلى خطط ناجعة و فعالة لاجتثاث جذور الفساد التي استنهكت قواه.

على المغاربة أن يقولوا كفى لنظام التعليم المتهالك, كفى من المحسوبية و الزبونية, كفى من الفقر و المهانة, كفى من تدهور أوضاع الحياة و كرامة الإنسان في القرى و المداشر, كفى من قضا
ء ينصر الظالمين و المتجبرين ...
لقد نشر المجلس الأعلى للحسابات تقارير مهولة عن الاختلالات التي تنخر مؤسساتنا و نشر أسما
ء من تجب محاسبتهم على تبذير أموال الوطن و تسخيرها لمصالحهم الخاصة, فهل تم ذلك لنقدم كبش فداء أحدهم و نترك الباقين بدون عقاب ؟
هل المسلسلات المكسيكية و التركية المدبلجة بالدارجة المغربية هي الكفيلة بتوعية الشباب ؟ هل البرامج التافهة التي تسخر من ذكا
ء المغاربة هي العاكسة لأذواقه و ثقافته ؟هل زج شكيب الخياري و العقيد ترزاز و كل من فضح رؤوس الفساد في السجون كفيل بتحقيق التقدم ؟ هل إغراق الصحف و الجرائد بغرامات خيالية و متابعة الصحفيين أوجه من حرية التعبير ؟
هل انبثاق حزب من العدم أصبح وجهة لكل الانتهازيين و فوزه بالانتخابات الجماعية في غضون شهور قليلة بعد تأسيسه وجه من أوجه الديمقراطية والمغرب الحديث ؟

لطالما التحم المغاربة و لبوا ندا
ء الوطن : آباؤنا الذين شاركوا في المسيرة الخضراء و شبابنا الذي استنكر العداء الإسباني منذ أسابيع ... هل برز أي انفصالي أو عدو للبلاد بيننا في تلك التجمعات ؟ هل تم تغيير شعاراتها و مطالبها ؟ هل تمكنت القلة القليلة من الخونة من تحريف مسارها ؟ لماذا الخوف إذن ممن قل عددهم و وهنت عزيمتهم أمام وطنية المغاربة... من منهم سيتجرأ على رفع شعارات معادية للوطن وسط ألوف المغاربة الغيورين على بلدهم ؟ هل أصبح منبت الأحرار و مشرق الأنوار يتوجس من أعدائه ؟
لبوا ندا
ء البلاد التي ضاقت ذرعا بأعدائها الداخليين الذين يستنزفون ثرواتها و يستحقرون مواطنيها.
إن الخوف يعترينا من التغيير و من تحديات الغد ... لقد أصبحت المسألة مسألة وقت فقط قبل أن يعي المغاربة ضرورة إصلاح منظومتهم السياسية التي عاث فيها المفسدون فسادا. إصلاح تكمن خطواته الأولى في إعادة النظر في دستور البلاد و نهج تقسيم عقلاني و فعال للسلط بين القصر و الحكومة بالإضافة إلى إزالة الانتهازيين من مواقع السلطة و إخضاعهم لإرادة الشعب. إننا نتوفر على جميع المؤسسات الديمقراطية من برلمان بغرفتيه و حكومة و وزراء و مجلس دستوري, ما يلزمنا هو بث روح جديدة فيها لا البدء من الصفر و تخريب ما تم إنجازه.

استيقظوا يا مغاربة و أحبوا ما ينبغي حبه, أحبوا وطنكم و صلاحه, أحبوا العدل و الكرامة.

dimanche 30 janvier 2011

Le temps des réformes

Sous le règne de Mohamed VI, nul ne peut nier que maints domaines ont connu une nette amélioration par rapport à l’époque Hassan II. L’aspect social a su d’ailleurs se détacher du lot, surtout avec l’INDH : l’exemple fulgurant que le Maroc est devenu un immense chantier envié par ses voisins du Maghreb, pour ne citer qu’eux.

Cependant, notre ère peut largement être plus que l’ère du développement social et dépasser aisément cette restriction, elle peut devenir une nouvelle page de l’Histoire d’un Maroc moderne. Un Maroc où démocratie, équité et égalité seront les mots d’ordre et les valeurs enracinées chez tous les citoyens.

Mais malheureusement, plusieurs obstructions féroces continuent de priver notre patrie de prendre son plein essor.

Le pouvoir au Maroc souffre encore d’une centralisation massive qui ne veut guère s’estomper. Et ceci malgré plusieurs tentatives de la scène politique d’instaurer une régionalisation qui soit digne de ce nom. Le monopole du pouvoir accordé à certaines figures proches du palais, empêche l’établissement d’une base démocratique reflétant les aspirations de tous les marocains : les conseillers du roi, son chef de cabinet Mounir El Majidi et son ami favori El Himma sont les figures de proues qui dessinent de facto les traits de la politique marocaine. Ceci fait, les partis politiques se sentent tels des marionnettes entre les mains d’une dizaine d’individus détenant le pouvoir. Ce qui restreint le rôle de ces instances politiques à des façades inutiles et impuissantes servant à jouer une comédie marocaine appelée démocratie.

Dans une vraie démocratie, auriez-vous vu un parti gagner des élections après quelques mois de sa formation ? Auriez-vous vu des députés opportunistes et sournois qui s’acharnent à y adhérer pour assouvir leur avidité ?

En défendant implicitement ce genre de manœuvres –parmi d’autres plus graves encore-, la monarchie ne peut que nuire à son image.

La moindre maladresse commise ainsi par ces proches du palais (et ils en commettent, car l’erreur est humaine) entachera l’honnêteté du palais et son dévouement inexorable au développement du pays. Un exemple (parmi d’autres) assez récent est celui des documents de Wikileaks, où un certain document censuré au Maroc divulguait que « les décisions concernant les investissements majeurs sont en réalité prises par trois individus Mounir El Majidi, El Himma et le Roi lui-même ». Ce genre de divulgations accompagné de restrictions majeures sur les libertés d’expression lèse d’une façon ou d’une autre la monarchie.

Les institutions démocratiques sont quasiment toutes là, mais elles souffrent d’un dysfonctionnement majeur ne leur permettant guère d’accomplir leur rôle : c’est qu’elles ne détiennent pas le vrai pouvoir.

Les députés bicaméraux et les ministres font foison, mais sans avoir pour autant un réel poids sur la décision politique. Le contrôle établi sur les médias et la justice ne fait que servir diaboliquement cette machine en défigurant à la vitesse de la lumière tout opposant ou militant ayant une voix qui diffère de l’opinion sacrée de la haute sphère détenant le pouvoir, le vrai pouvoir.

Ce jeu de pouvoir ne passe pas inaperçu chez les citoyens, qui s’obstinent d’ailleurs à voter sachant d’avance que le député n’apportera quasiment aucun changement à la situation (rappelez-vous du taux de participation atteignant difficilement 37% proclamé par les autorités lors des dernières législatives). Cet élu ne cherchera qu’à s’enrichir et à accéder à l’édifice du parlement en soudoyant les âmes corrompues, devenant ainsi le rouage rouillé d’un dispositif politique désuet.

La solution à cette crise politique se trouve dans la constitution marocaine. Cette dernière qui n’a guère subi de vraies réformes depuis son adoption mitigée. C’est en adoptant une constitution allouant un vrai pouvoir aux institutions politiques, garantissant l’établissement d’un système démocratique honnête et reflétant la volonté du peuple que le marocain renouera ses liens avec la politique, avec laquelle il a divorcé depuis des années.

La séparation des pouvoirs et leur répartition adéquate entre le palais et les institutions de gouvernance sera le garant de la continuité du développement social connu par le pays. Car quoi qu’on dise, ce dit développement ne pourra continuer sans être accompagné en parallèle avec des réformes novatrices qui sont devenues de plus en plus une nécessité ces derniers temps.

Cette dite séparation permettra au peuple d’être le juge de ses députés et de son gouvernement. Ce qui assurera certainement au palais un attachement inconditionnel à son peuple qui ne se posera plus de doutes sur les mesures entreprises par ce dernier.

Certes le taux d’analphabétisme bat encore des records avec ses 40%, le taux d’insouciance politique atteint encore plus, mais cela n’est pas une excuse pour sombrer dans l’autoritarisme ou dans le concept du despotisme éclairé.

N’y a-t-il pas dans chaque région du Maroc des honnêtes hommes et femmes voulant servir leur pays ? Rares sont-ils certes, mais je suis sur et certain qu’ils sont là et qu’ils luttent pour le bien de cette patrie tant aimée. Les mères marocaines n’enfantent pas que fourbes …

On a marre de la corruption, du système éducatif pourri, du clientélisme et de l’oppression des libertés. Même le plus analphabète de nous se sent trahi lorsqu’il se voit exiger un petit pot de vin aux administrations publiques, quand il sait que Fodail Aberkane est mort dans un commissariat il y a quelques semaines sous la torture, quand il voit Chakib El Khayari incarcéré pour avoir dénoncé les ripoux, et les exemples, ce n’est malheureusement pas ce qui manque.

C’est en revisitant la constitution, en combattant le laxisme politique et en dénonçant les corrompus que le Maroc entamera une nouvelle page de son histoire guidée par son roi bien aimé, symbole de l’unité de la nation. Ce qui permettra à la patrie de relever tous les défis et devenir l’une des plus belles démocraties en Afrique et au monde arabe, car pour ne pas se mentir, une démocratie, le Maroc n’en est pas une !

lundi 17 janvier 2011

L'amertume d'un marocain

Mouvementés étaient les précédentes journées pour nos frères tunisiens : une révolte de tout un peuple qui a fini par faire vaciller le trône du despote Ben Ali après un joug de 23 années d'oppression et de censure où certes le pays reflétait l'image de la meilleure croissance économique de la région, mais où les droits d'expression et de pratiques religieuses étaient en constante régression.
Je vous épargnerai les détails de la révolte de Sidi Bouzid tellement on a appris ses détails ces derniers jours.
Il a suffit qu'un jeune désespéré s'immole par le feu pour que ses compatriotes sortent en masse réclamer la liberté dont ils ont été privés pendant deux longues décennies ...
Six mois auparavant, des chômeurs ont eu recours au même acte d'Elbouazizi devant l'édifice du parlement ... mais en vain : ils étaient au Maroc ... au Maroc où la façade du parlement est devenue un endroit touristique où vous rencontrez quasiment tous les jours des sit-in et des pancartes levées aux quelles on n'accorde plus aucune importance.
Les marocains se sont révoltés maintes fois : Sidi Ifni, Sefrou, ElHoceima, Casablanca ... pendant des périodes différentes ces villes ont connu une désobéissance civile qui a été opprimée par le Makhzen. Mais cela n'a pas eu d'envergure sur l'échelle nationale.
Pourquoi donc le Maroc n'a-t-il pas eu la chance de la Tunisie ou plutôt son courage à toute épreuve ?
Parce qu'au Maroc d'aujourd'hui, la flamme du patriotisme a longtemps quitté le cœur de moult citoyens qui ne se reconnaissent plus à la patrie ... Tandis qu'en Tunisie le peuple s'est uni autour de la patrie sans aucune référence idéologique ou religieuse avec une spontanéité et un courage miraculeux.
Parce qu'au Maroc d'aujourd'hui, dès que vous commencez à dire la vérité unanimement connue par tous, on vous dit taisez-vous "rah ghadi icheddouk, rah ghadi iteyyrouk " ... on ne reconnait même plus ses propres droits grâce aux bienfaits de l'ignorance que l'on apprécie tant ...
Parce qu'au Maroc d'aujourd'hui, le pain, l'huile et le thé sont plus importants que la liberté, les droits de l'Homme, l'égalité, la justice et l'équité ...
Parce qu'au Maroc d'aujourd'hui, des slogans tel "7mar et bikhir" sont devenus l'effigie de toute une génération ...
Parce qu'au Maroc d'aujourd'hui, on s'est tellement habitué à langue de bois nous disant que cette époque est largement mieux que celle qui la précédait. Certes c'est vrai sur une multitude de points, n'empêche que si les jeunes de ces jours passés avaient adopté le même discours et le même laxisme on ne serait pas ce qu'on est aujourd'hui ... Les choses peuvent être largement mieux que ce qu'elles sont aujourd'hui ...
Parce qu'au Maroc d'aujourd'hui, corruption et clientélisme sont devenues des concepts que l'on admire et que l'on recherche plus à éliminer ...
Parce qu'au Maroc d'aujourd'hui, il y a plus d'analphabètes que d'instruits, et même ceux qui prétendent être éduqués ne savent faire la différence entre une démocratie et une pièce théâtrale où l'on se moque d'eux ...
Parce qu'au Maroc d'aujourd'hui, on a une constitution désuète de cinquante ans qui puise dans les fondements du féodalisme et de l'oligarchie médiévale peinte avec les couleurs de la modernité à deux sous et adulée par des millions d'aveugles ...
Parce qu'au Maroc d'aujourd'hui, ...
Parce qu'au Maroc d'aujourd'hui ,...
Parce qu'au Maroc d'aujourd'hui, ...
Excusez-moi, camarades tunisiens de vous envier de nous avoir donné une des plus belles leçons de nos vies.
Que votre futur soit illuminé par la lueur d'Elbouazizi et guidé par les âmes des héros qui ont donné leurs âmes à leur patrie.
Quant à nous, que la peur quitte nos cœurs, l'ignorance nos cerveaux et la négligence nos âmes ...

Paru sur : http://www.lakome.com/index.php/politics/78-news/a-vous-la-parole/121-auteurs/1557-lamertume-dun-marocain.html

Politique, ça se mange ?

A ce qu'il parait ce mot fait peur à certains, dégoute d'autres, mais surtout laisse indifférents plusieurs.

Tu verras deux jeunes s'acharner sur un match du Barça et te citer toute l'histoire du foot, mais dès que tu leur demandes le nom d'un ministre ou d'un dirigeant politique, ils resteront bouche bée. Qu'il est beau de regarder un match de foot surtout quand il s'agit d'un bon spectacle, mais qu'il est mauvais de ne rêver que du ballon jour et nuit et se laisser frapper par des manipulateurs qui jonglent avec nos esprits avec un talent inouï ...

Comment peut-on attendre le changement d'une société d'un jeune qui passe sa journée à regarder des séries débiles qui ne finissent jamais, d'un autre enfoui dans ses bouquins de sciences jusqu'à devenir plus myope qu'une taupe, d'un troisième qui passe ses heures à rouler des joints et à visiter le septième ciel ou d'un dernier qui ne rêve que d'imiter le chanteur de rap le plus en vogue ...

Rien n'empêche d'avoir des loisirs plus diversifiés les uns que les autres, mais rien ne justifie qu'on se trimballe le crane vide et qu'on se laisse aller indéfiniment avec un beau sourire stupide au visage.

Avant qu'il y ait abstention de politique, il y a abstention de patriotisme, de conscience et d'engagement ... tout cela couvert par une couche de peur injustifiée.

Le laxisme a atteint son paroxysme, il est devenu plus banal que la banalité de payer un pot de vin au policier du coin ou au responsable de l'administration pour détenir un papier.

L'erroné et l'insensé est devenu norme de nos jours à un tel point qu'on n'en a guère la conscience, et du coup, on ne peut même pas penser à le changer !

Espérons qu'un miracle se produise et bouleverse ses mauvaises habitudes qui se sont trop enracinées dans notre Maroc ...

L'illusion du nouveau Maroc

Ceci est une réponse adressée à un certain camarade de l"institut assez optimiste envers la situation :

Par cette douce nuit et une belle insomnie qui nous tient tous les deux, tu viens de lancer une des plus belles discussions qu'on puisse avoir, je devrais te remercier pour cela, moi qui cherchais en vain des intéressés au sein de l'institut !

Bien, j'essaierai de rétorquer différemment en suivant d'une certaine façon tes arguments.

A mon humble avis, on est loin au Maroc de la philosophie Gandhiste et de ses fondements sur la désobéissance sociale. Ce qui règne plutôt, c'est un certain désintérêt complet, flagrant et dangereux : le citoyen lambda tout comme l'élite n'accordent guère -dans la majorité des cas- de l'importance au climat médiatique et politique du pays, ce que je trouve être une des plus grandes calamités de notre société dans ces temps-ci.

Les syndicats, les partis et les instances politiques sont quasiment corrompues et aisément manipulées par les teneurs du pouvoir, enfin du vrai pouvoir ...

Du jour au lendemain on entend que des rixes ont éclaté entre ces deux partis, parce que celui-ci n'a pas valorisé le travail de l'état, ou parce que tel porte parole a fait des insinuations douteuses ...etc. Enfin le genre de discussions futiles et qui ne mènent à rien, créé pour mouvementer a scène politique et y créer de "l'action", ni plus ni moins.

Les vrais problèmes sont écartés de l'équation, qu'en est-il de l'analphabétisme, du chômage, de la pauvreté, des écarts sociaux frappants entre les citoyens...

Je ne nie guère que le Maroc a connu un certain développement surtout avec l'accord de l'importance à nos infrastructures. N'empêche qu'on n'a fait les choses qu'à moitié : La capitale économique du pays a-t-elle besoin d'un Morocco Mall ou de bons égouts pour desservir les eaux usées ( les dernières intempéries en disent tout)... a-t-on besoin d'un TGV, sachant que le sud du Maroc attend que les rails du train y soient installés depuis 1975 selon les dires du précédent roi ... moult exemples comme ceux-là existent un peu partout au Maroc. Bref, on vise le superflu, on s'endette pour le réaliser, on le paie avec la peau des fesses, pour qu'une infime minorité puisse s'en servir et surtout pour donner l'image d'un Maroc qui peut rivaliser avec les états de l'UE.

L'autre point noir de ce nouveau Maroc, c'est la liberté d'expression, qui n'a pas eu la même chance que les infrastructures.

Elle est en constant recul, des embargos économiques des plus sournois sont établis sur les journaux qui différent de l'opinion du Makhzen : "Le Journal", "Aljarida Aloula"et "Nichane" figurent parmi les victimes de cet empressement médiatique entamé par la puissante machine du Makhzen qui fait son travail d'une des plus excellentes manières. Certes je ne serai pas d'accord avec tout ce qui était dit dans ces journaux condamnés, mais la liberté d'expression exige qu'on laisse s'exprimer toutes les opinions sur pied d'égalité.

Venons-en à l'opposition, la vraie opposition qui existe au Maroc est "aladl wa alihsane" et "nnahj dimocrati". L'une à fondements islamistes, l'autre à idéologie marxiste. Toutes les deux sont désuètes, irréalistes et ne conviendront jamais à la société marocaine à mon humble avis. Les autres partis qui se déclaraient dans l'opposition ont depuis longtemps perdu leur ferveur et leur engagement. Leurs chefs se sont enrichis et se sont tus, le passé du porte-parole du gouvernement marocain et du maire de Rabat en illustre un bon exemple !

Certes à voir mon mur, les infos que je publie reflètent un caractère rebelle et insatisfait, je ne le nie guère. Mais j'essaie de rechercher l'information brute et d'en juger moi-même selon mes modestes opinions, ce que je peux faire pour l'instant c'est afficher mon mécontentement envers ce qui ne me plait pas dans mon pays. Je suis sur qu'on a le même amour pour notre patrie, mais chacun l'exprime à sa façon ! Qui aime bien châtie bien comme disait le vieil adage.

On est largement meilleurs d'une bonne partie des pays de l'Afrique, mais j'espère que tu excuseras mon avidité à ce que le Maroc devienne le meilleur -est de loin- du continent et des pays arabes.

Je ne peux pas être seulement satisfait, je veux être heureux et fier de mon pays et de mes compatriotes. Et ma façon de faire c'est de dire voilà ce que me dérange au sein de notre pays. C'est un certain optimisme -voire utopie- enveloppé d'un zeste de réalisme plus que du pessimisme.

Je n'incite pas à la révolution et au vandalisme pour qu'on se fasse écouter. Cette voie ne mènera à rien. Mon problème majeur c'est le désintérêt des citoyens. Je t'offre un exemple : Le jeune qui s'est immolé à Sidi Bouzid en Tunisie a déclenché tout un ahurissement au pays, tandis que quelques mois auparavant, des jeunes cadres chômeurs ont fait la même chose devant la porte du parlement, et quelle était la réaction ? on se foutait d'eux, on disait qu'ils avaient perdu la boule et qu'ils n'étaient plus satisfaits de la situation. "kanou i7emdou llah wiguelsou"... Je te laisse juger de la réaction la plus rationnelle ...